10.03.2008

Article publié dans Les Plumes de LAIA

L'Association LAIA (Libres d'Apprendre et d'Instruire Autrement), qui a pour objet l'instruction à domicile, a consacré son journal numéro 7 à la musique. A cette occasion, elle nous a demandé si nous pouvions partager notre expérience.

Nous l'avons fait avec grand plaisir :



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Le son des claves, tambourinant sur le tapis, résonne dans la pièce. Soudain, je les claque entre elles. Un enfant se met à rire…entraînant le rire de tous.

Nous voici à l’atelier d’éveil musical enfants-parents !

Marcello, moins d’1 an, observe, étonné, captivé, les adultes et les enfants qui chantent dans les kazoos. Plusieurs minutes passent sans qu’il puisse détacher son regard de ces nouveaux et fascinants instruments. Il tourne la tête à droite, à gauche, vers les sons qui fusent. Puis, lentement, il porte l’instrument, qu’il tenait serré dans sa main, à sa bouche…et en joue.
Les adultes eux-mêmes ont parfois du mal à découvrir comment fonctionnent un mirliton… Sans intervention d’aucune sorte, une observation et une écoute soutenue a permis à l’enfant de le comprendre.

Mathilde assiste à l’atelier depuis quelques séances et ne participe pratiquement pas. Enfin, croit-on ! Car, à la fin de l’atelier, dans la poussette ou dans le bus, puis à la maison, toute la semaine, elle chante, chante, chante…toutes les chansons.

Gabriel tape dans les mains de sa maman, puis sur ses genoux, dans ses doigts, par terre, en chantant avec elle.

Les parents entonnent un canon. Certains enfants chantent, d’autres écoutent, tout en manipulant les instruments.

François se roule par terre. Et bien, hop ! je le suis. Au sol, on roule, on balance, on agite les pieds, on se cache en musique.

Ces ateliers d’éveil 0-3 ans laissent place à la liberté de faire, jouer, toucher, explorer, improviser. Ils durent 1 heure. Cela permet de découvrir des instruments, en prenant son temps, de les explorer, les retourner dans tous les sens, de chanter avec, de les apprivoiser. Cela laisse aussi le temps à l’improvisation, de développer un petit répertoire de chansons, qu’on retrouve chaque semaine, de s’immerger dans la musique.
Et puis il y a une partie où l’on danse, avec son enfant dans les bras ou qui commence à trotter. Décidément, une heure, ça passe vite !
Les participants reprennent ensemble mes propositions de jeux, de chant ou de danse. Parfois, c’est un enfant qui propose. A moi de savoir rebondir sur cette nouvelle idée. L’essentiel du travail : savoir écouter et développer cette capacité chez les autres.



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Une maman assistait récemment au cours de piano de son enfant de 4 ans : Je proposais à l’enfant de jouer avec ses mains, sur le clavier, de faire des clusters.
Il n’osait pas.
Alors j’ai proposé à sa maman de le faire. Elle était enchantée de pouvoir faire ce qu’on lui avait toujours interdit, m’a-t-elle dit, et ce qu’elle s’était toujours interdit de faire ! L’enfant ne s’est ensuite pas privé de jouer à son tour.

L’enfant et l’adulte sont repartis, avec une impression de liberté.

En arrivant au cours de piano, Jean parle de la formidable petite voiture que sa maman lui a acheté, qui est toute rouge et qui roule très vite.
On s’assoit au piano, et l’on commence à imiter le bruit d’une voiture pétaradante : vroummmmmm ! La voiture coure sur le clavier, vite, vite. Elle arrive bientôt tout en haut de la montagne. Le temps d’un virage et elle redescend jusqu’en bas. Elle rencontre une copine et elles font la course !
Puis, chaque doigt se transforme en une petite voiture. Ils vont vite, lentement, très vite, très lentement. Pour finir, on invente une chanson sur une mélodie à une ou deux voix :

Ma maman
M’a acheté
Une jolie
Petite voiture

Elle est rouge
Toute rouge
C’est la plus
La plus rapide

Du monde

On fait un dessin et on écrit la chanson.
On la jouera et chantera à chaque cours, dorénavant…

A l’aide d’une petite voiture rouge, nous avons abordé des notions musicales, pianistiques et théoriques importantes, comme l’improvisation, la polyphonie, le chant, la mémoire, etc.




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Au cours de chant, à partir de 6 ans, les enfants chantent Charles Trenet, Boris Vian, Gilbert Bécaud, Juliette Gréco ou encore leurs propres chansons. A l’aide de jeux, de dessins, ils apprenent peu à peu un répertoire qu’ils peuvent chanter devant un auditoire.

Un jour, un enfant manque à l’appel.
Lorsque je leur demande quel pourrait être le thème de la chanson qu’on va inventer, la question, demeurée sans réponse, perdure : « Où est donc le garçon qui devait venir au cours ? »

Et bien, chantons notre question !

Le groupe. (en chantant) - Où est donc le garçon ?
Moi. - Est-il au cinéma ?
Le groupe : - « Oui oui oui ! » ou « Non non non ! »

De strophe en strophe, le garçon voyage du supermarché à la patinoire, sur le dos d’un cheval, sur un nuage et même dans le trou d’une souris…

Bref, d’une histoire, d’une question, on peut entrer dans la musique, créer une chanson, inventer une danse.

En effet, l’art est bien l’enfant de la liberté. Pourquoi s’interdire de créer comme on en a envie ? Qu’ont fait les peintres, les musiciens, les danseurs, sinon suivre leur cœur ?

Allez…à vous !

La musique c’est le mouvement. Comment rester immobile lorsqu’une musique appelle à bouger, sauter et chanter ? Avec le chant, on exprime ce qu’il y a dans son cœur. Comment faire, si l’on n’a pas le droit de parler et de laisser son corps vivre ?

Avec le mode de vie sédentaire, les enfants (et les adultes) sont souvent en manque d’activités physiques. Pourquoi rester immmobiles sur une chaise ? Dansons !

Le pédagogue est là pour accueillir la vivacité et la soif d’apprendre des enfants. La concentration et le travail viennent mieux et naturellement lorsqu’on a envie d’apprendre.

Souvent, ce sont les parents qui choisissent d’initier leurs enfants à la musique. On peut en profiter pour les faire participer et leur présenter de multiples pistes pour partager la musique avec leur enfant.

Le fait d’assister aux cours peut encourager l’enfant et le guider de retour à la maison.

La pratique d’un instrument demande une technique spécifique. Le choix d’un bon professeur est alors déterminant. Prendre plusieurs cours dans la semaine fait progresser rapidement.

Si l’on souhaite faire du piano, il est indispensable d’acquérir un vrai piano. C’est plus cher et cela prend plus de place, mais il durera toute une vie. Les enfants ne se décourageront pas, acquièreront une bonne technique et se feront réellement plaisir.

Si vous avez un problème de place ou de budget, on peut toujours se tourner vers la trompette, le hautbois, la flûte, le tuba, le violon, l’alto, le violoncelle, l’accordéon, l’harmonica, la guitare, etc.

Enfin, voici quelques suggestions pour faire de la musique ensemble :

- Organiser, en famille ou avec des amis des soirées disques, chansons, canons, où l’on amène ses instruments, du tambour au violoncelle. On jouera Frère Jacques ou un trio de Beethoven. Le fait de créer l’occasion, régulièrement, peut être motivant pour apprendre de nouvelles chansons, partager d’autres répertoires, etc.
- Sur un disque inventer une danse (avancer, reculer, tourner, sauter, faire la ronde, etc). Noter la chorégraphie pour la refaire plus tard.
- Le soir, chanter des berceuses. Plus tard, peut-être les chansons qu’il préfèrent.

Maud Vivien